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L'origine du FSSD

05/12/2025

L'origine du FSSD

Le FSSD : aux origines d'une démarche de soutenabilité


Le FSSD — Framework for Strategic Sustainable Development, ou cadre stratégique de soutenabilité sociale et environnementale — a émergé en 1989 d'un consensus entre 70 scientifiques suédois, animés par une volonté commune : traiter les causes de la non-soutenabilité des activités humaines, sur le plan social comme environnemental.


L'analogie est simple mais éclairante : quand on a mal à la tête, on peut prendre une aspirine. Cela traitera temporairement les symptômes. Mais si le mal de tête est récurrent, il faut se poser la question des causes. C'est exactement l'esprit de la démarche, coordonnée par Karl-Henrik Robért, cancérologue de formation. Aujourd'hui, 30 chercheurs de l'Université de BTH en Suède travaillent en recherche-action sur le sujet — et depuis 2004, le FSSD est le socle du Master Strategic Leadership Towards Sustainability.


Une norme mondiale née d'une chambre d'hôtel


Vous n'en avez peut-être jamais entendu parler, mais vous avez certainement croisé ces consignes dans les salles de bains d'hôtels : "Veuillez laisser au sol uniquement les serviettes que vous souhaitez changer", "Les draps seront changés à votre demande".
Ces consignes sont issues d'une démarche de la chaîne hôtelière suédoise Scandic Hotels qui, en 1994, a analysé sa chaîne de valeur au regard des conditions de soutenabilité du FSSD. Elle a identifié la blanchisserie comme un poste à enjeu majeur — et ces quelques mots affichés dans les salles de bains sont devenus une norme mondiale. Un bel exemple de ce que peut produire une approche par les causes.
Qu'est-ce qu'une activité soutenable ?


Une activité humaine est dite soutenable si elle peut perdurer dans le temps tout en favorisant la bonne santé et le bien-être des humains — condition sociale — et des écosystèmes naturels — condition environnementale.


Parmi les outils qui aident les organisations à progresser sur ce chemin, l'un gagne en visibilité dans le débat public : la Théorie du Donut. Développée par l'économiste Kate Raworth, elle vulgarise la soutenabilité de la vie sur Terre sous la métaphore d'un donut, composé d'un plancher social et d'un plafond environnemental. L'espace juste et sûr pour l'humanité se situe entre ces deux zones — ses travaux ont fait l'objet d'un livre publié chez Plon en 2018.

 

 

En pratique, ce plancher social repose sur 12 fondations et ce plafond environnemental sur 9 limites planétaires, chacune mesurable par des indicateurs. À l'échelle mondiale, on a déjà dépassé 7 limites environnementales sur 9, sans pour autant respecter l'ensemble des fondations sociales. C'est comme si une baignoire débordait.


Et que fait-on quand une baignoire déborde ? On commence par fermer le robinet. Le FSSD, c'est précisément une façon d'agir sur ces robinets — les causes-sources. On peut toujours éponger l'eau qui a débordé, mais si on ne ferme pas les robinets, on s'épuisera à éponger en vain.


Le FSSD et le Donut : deux outils complémentaires


Le Donut est un outil complet, pensé pour nos sociétés centrées sur l'activité économique. Mais avec ses 21 éléments fondés sur des indicateurs chiffrés, notre capacité cognitive atteint vite ses limites face à cette approche systémique. Comment s'y prendre concrètement pour éprouver le niveau de soutenabilité d'une activité ou d'un projet ?


C'est là qu'intervient le FSSD : il permet de simplifier ces notions avec un fondement scientifique appliqué à l'économie — et non l'inverse. On s'appuie sur la science pour savoir comment analyser les choses et où aller. Car aujourd'hui, les limites planétaires sont dépassées. Ça déborde.


Le FSSD invite à se demander : quelles sont les causes-sources ? Avec un regard à la fois environnemental et social, les deux ensemble. Il s'agit de s'outiller pour s'assurer qu'on se pose les bonnes questions — même, et surtout, sans être expert. La bonne nouvelle, c'est que cela permet d'être stratégique. La moins bonne, c'est que cela risque de révéler davantage de problèmes. Et la deuxième bonne nouvelle — parce qu'il y en a toujours une — c'est que cela permet aussi de voir davantage de solutions.

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Pierre Gérard

pg@regardsmeles.fr

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190 Rue des Têtes

63110 Beaumont

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Photos Marielsa Niels

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